MARC STAMMEGNA né le 6 mars 1952 à CONAKRY en Guinée et d’origine italienne (Venise) tout droit issue d’une lignée de restaurateurs de tableaux, a su dès l’Age de 14 ans, qu’il en ferait sa profession plus tard et serait « marchand de tableaux ».

On peut dire qu’il doit une partie de cette orientation professionnelle, grâce au partage des compétences et connaissances de l’art, transmises par son père pendant son enfance. En l’ observant, il a appris une grande partie de son métier, et a su reproduire les choses le moment venu.

Animé par cette passion de tout vouloir connaitre sur l’art, il entre aux Beaux-arts de Marseille, et ensuite étudie l’histoire de l’art. MARC STAMMEGNA a alors 17 ans lorsqu’il décide de quitter le cocon familial et de partir travailler pour payer ses brillantes études…C’est à l’Age de 21 ans qu’il ouvre son premier atelier de restauration de tableaux situé Rue St Jacques à Marseille. Il décide d’organiser au fond de son atelier, une pièce qui sera dédiée à la présentation d’œuvres pour les grands amateurs et collectionneurs.
A cette époque dans les années 70, l’art est en plein essor et son attention est plutôt orientée sur ce qui l’intéresse vraiment, les tableaux du XIXe siècle, ceux des premiers peintres cherchant la lumière extérieure.

Quelques années plus tard, il fait l’acquisition d’un local Rue Breteuil où il regroupe les surfaces de celui-ci pour en faire une galerie.

Il est passionné comme sa famille par un artiste exceptionnel MONTICELLI (1824/1886) qui, nous dit-il, a beaucoup influencé VAN GOGH.  

Il arpente les musées, et son entreprise commence à se développer vraiment et son expertise à être reconnue, il devient alors l’ami de nombreux peintres, puis débute sa collection.

Avec la mère de ses filles, ils font des recherches et écrivent tout sur cet artiste.

C’est vers les années 80, que l’une des plus prestigieuses maisons de vente aux enchères SOTHEBY’S lui propose de devenir expert mondial SOTHEBY’ S pour cet artiste et là commencent les voyages dans le monde entier.

Quelques années plus tard la grande maison CHRISTIE’ S lui propose la même chose !

Puis en 1987 il rencontre un mécène japonais s’étant passionné pour MONTICELLI et ses œuvres, qui décide de monter une fondation MONTICELLI à Tokyo et là MARC STAMMEGNA devient le conseiller artistique et technique de ce grand projet.

MARC STAMMEGNA sera également passionné par l’enfant de Marseille, le célèbre « CESAR » qu’il a eu la chance de côtoyer et avec qui il a pu partager des moments précieux de l’histoire de l’art.

Il va commencer à collectionner quelques pièces de cet artiste, que les marseillais ont pu découvrir le 21 octobre 2016 à la villa BAGATELLE « CESAR » lors de cette exposition éphémère qui fut un très grand succès.

MARC STAMMEGNA organisera également, des rétrospectives sur les artistes de l’école provençale dont le créateur né en 1809 fut Emile LOUBON et dont les œuvres se retrouvent dans les plus grands musées et précisément au musée d’ORSAY.

MARC STAMMEGNA ayant réussi à augmenter sa précieuse collection de MONTICELLI, se met en tête de monter une fondation.

 Puis dans les années 80, Internet n’étant pas encore accessible à tous, il va au-devant des collectionneurs acheteurs et vendeurs, se rendant à Londres, New-York et Tokyo.

MARC STAMMEGNA manquant d’espace dans ses locaux, s’installera en 2010, dans la Rue Edmond Rostand, dans un lieu disposant de 300 m2 où il sera possible d’exposer des œuvres en plus grand nombre.

Cette année-là fut cruciale pour MARC STAMMEGNA car on assistera également à la naissance de sa fondation MONTICELLI dans un fortin à l’Estaque grâce à sa passion pour le même artiste dont la collection est de plus en plus importante.

Il va également collectionner les bronzes du 19 em à nos jours tel que « de BARYE, un sculpteur renommé spécialiste des animaux et d’autres bronzes sublimes de BUGATTI à POMPON aux formes sobres ressemblant au design d’aujourd’hui et plus particulièrement à « CESAR » l’enfant Marseillais.

Paris restant la plaque tournante du marché de l’art pour la France, il s’y rend toutes les semaines depuis de nombreuses années et nous pouvons le retrouver dans la galerie 34 av de Matignon pas très loin de l’Elysée.

Etre expert en art consiste à déceler le vrai du faux et on peut être appelé à travailler avec des laboratoires pour démontrer l’authenticité des œuvres (pigments, agrandissements et touches de l’artiste).

Le prix d’une œuvre s’établit en fonction de l’évaluation de l’expert qui le donne par rapport au cours actuel du marché, MARC STAMMEGNA nous confirme qu’aujourd’hui le marché de l’art subi des fluctuations comme les marchés boursiers.

MARC STAMMEGNA nous confiera que pour exercer ce métier d’expert en art, il faut s’intéresser très sérieusement à l’histoire de l’art pour comprendre les influences, et les tendances de chaque période propre à chaque artiste.

Puis il faut essayer de ne pas regarder un tableau « par ou pour » la signature mais plutôt à travers sa qualité artistique.

Il nous a rappelé qu’il faut être reconnu par ses pairs et les grandes maisons de vente aux enchères pour gagner en notoriété car il n’existe pas d’agrément pour ce métier en France.

Il nous dira aussi qu’il faut être discret et si possible passionné donc collectionneur.

Il faut se former au contact des expositions, des évènements culturels et lire en permanence.

MARC STAMMEGNA nous révèle que c’est par son métier qu’il a eu la chance de rencontrer très souvent, des êtres exceptionnels particulièrement cultivés et érudits.

MARC STAMMEGNA a plus de 40 ans d’expertise, il nous confie lorsqu’il fait son bilan personnel, qu’il a énormément été axé sur le travail, ce qui lui procura durant son existence un réel épanouissement. Le meilleur moment pour MARC STAMMEGNA fut lorsqu’il ouvrit sa propre fondation.

MARC STAMMEGNA reconnait qu’Il n’a pas eu de mauvaise expérience dans sa trajectoire professionnelle.

Mais il semble difficile d’être excellent dans ce métier sans sacrifier sa vie privée, le prix à payer est de se retrouver souvent seul. 

Il n’a jamais compté ses heures de travail.

Il puise ses sources d’inspiration dans ses passions, la connaissance et le savoir appris en plus de 40 ans de métier.

Il expose là où il y a de la demande et il est très souvent sollicité pour montrer certaines de ses pièces de collection dans les musées et les fondations.

Il nous dit que la reconnaissance vient grâce au travail et à l’investissement personnels.

Il nous raconte que durant sa carrière il a refusé d’exposer en Lybie trouvant cela trop risqué d’envoyer une expo clé en mains dans ce pays du Moyen Orient où quelques mois après les américains et la coalition européenne débarquèrent là-bas.

Les projets futurs de MARC STAMMEGNA visent à monter un lieu d’exposition permanent pour l’artiste « CESAR » en collaboration avec la famille de celui-ci.

 Il prépare  une exposition de MONTICELLI fin 2017 à MOSCOU.

Il veut aussi profiter un peu de ses enfants qu’il n’a pas pu voir grandir, dévoré par sa passion. On peut dire que l’heure de la retraite n’a pas encore sonné pour lui !

MARC STAMMEGNA aimerait transmettre une partie de son savoir et pourquoi pas développer des formations avec ALTER CONSULTANTS MEDIA PRESS BUSINESS & EVENTS dont il connait bien les dirigeants. Il nous parle d’un évènement fin septembre 2018 consacré à un grand projet ambitieux sur MARSEILLE la première manifestation consacrée et dédiée aux fondations et entreprises du luxe. Cette journée a pour but de faire connaitre aux clients de ces entreprises, l’ensemble des actions caritatives, humanistes, de ces fondations. Une vente aux enchères sera organisée pour récolter des fonds pour la fondation du souffle spécialisée pour combattre les maladies respiratoires.

Nous abordons avec lui l’aspect marseillais en lui posant quelques questions et voilà ses réponses :

  • Est-ce que Marseille a su évoluer dans un sens positif ou cette place reste-t-elle encore trop étriquée?

MARC STAMMEGNA nous répondra que Marseille a su évoluer surtout à travers cette jeune génération d’artistes (STREET ART) car elle commence à être reconnue, car ses artistes commencent à exposer dans le monde entier.

  • Comment pourriez-vous définir les marseillais et l’art en quelques mots ?

Les marseillais sont très conservateurs en majorité, mais ouverts cependant sur une « nouvelle » histoire de l’art.

  • Est-ce que le marché français se situe à bon niveau par rapport aux marchés américains, anglais, en bref à l’international ?

MARC STAMMEGNA nous confirmera que le marché français se porte bien évidemment bien en dessous du marché américain qui est toujours leader. La diversité d’œuvres proposés sur le marché français correspond aux mêmes demandes que les autres marchés internationaux.

  • Comment avez-vous apprécié la manifestation organisée en 2013, Marseille capitale européenne de la culture ?

MARC STAMMEGNA dit que Marseille fut sous la lumière artistique en 2013 grâce aux différents évènements sous l’appellation MARSEILLE CAPITALE EUROPEENE DE LA CULTURE mais il pense qu’il aurait fallu quelques expos grand public supplémentaires.

  • Il existe le projet de MARSEILLE CAPITALE EUROPEENE DE LA CULTURE 2018 qu’en pensez-vous ?

MARC STAMMEGNA nous dit que Le MUCEM étant intégré dans l’esprit des marseillais, cela pourrait faciliter l’idée de 2018 MARSEILLE à nouveau capitale européenne de la culture, que ce projet est bienvenu. Il espère cependant que cette fois-ci, il y aura de la place pour les grands évènements.

  • Est-ce que vous considérez que les institutions, collectivités territoriales et musées PACA sont à la hauteur de la demande d’art des marseillais et provençaux ?

MARC STAMMEGNA trouve que la culture est valorisée mais que les moyens financiers sont très limités.

  • Quelle est la pièce de collection, la plus précieuse pour vous ?

MARC STAMMEGNA ne pourrait pas choisir nous dit-il, car il aime toutes ses collections et par plaisir comme beaucoup d’hommes il adore les montres.

  • Et quelle est votre plus belle anecdote dans votre métier ?

     MARC STAMMEGNA nous raconte qu’il avait alors 21ans à la date des faits, quand il reçoit un appel téléphonique d’un Monsieur voulant vendre un bronze représentant une girafe (la première girafe c’est louis Philippe qui l’a faite rentrer en France). MARC STAMMEGNA achète le bronze en question et après un whisky bien tassé partagé ensemble, le Monsieur lui demande alors « s’il connaît quelqu’un qui pourrait être intéressé par un VAN GOGH ? » et sans réfléchir MARC STAMMEGNA lui répond « OUI » pour ne pas le décevoir.

     Le monsieur décroche son téléphone pour joindre un notaire en Hollande et lui passe la communication. Le notaire en charge de régler une succession lui fait part qu’il possède en son coffre un VAN GOGH et qu’il cherche un acquéreur pour les héritiers.

     Complètement déboussolé par la demande, il n’en dormira pas de la nuit, se demandant comment il allait pouvoir faire pour ne pas manquer à sa parole ? Une chance incroyable, la propriétaire de la galerie parisienne avec laquelle il travaillait est beaucoup plus âgée que MARC STAMMEGNA, et possédait des contacts à l’étranger, USA, JAPON et elle a pu lui fournir le client qui deviendra par la suite, l’un des clients privilégies de MARC STAMMEGNA.

Alors nous pourrions conclure « Qu’à Marseille un passionné de l’art qui répond au nom de MARC STAMMEGNA reconnu comme expert mondial inconditionnel, pourtant homme discret et réservé, par ce reportage sur son métier, nous a fait ressentir tout l’amour et la passion qui l’animaient depuis sa plus jeune enfance. Avec lui nous avons pu découvrir une autre vision de ce métier et il a su nous provoquer l’envie d’en savoir plus…

 AC

crédit photos Christophe Batiffero